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Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 23:01

Au XIXe siècle, dans le système scolaire, la « littérature » désigne aussi bien les œuvres étudiées que la rhétorique, c'est-à-dire l’apprentissage d’un art d’écrire. Et ces œuvres et cet art d’écrire sont davantage liés au latin qu’au français. A partir de 1840 les nouveaux programmes du baccalauréat introduisent l’histoire littéraire dans l’enseignement secondaire ; mais Lanson lui-même regrette qu’elle tende à replacer le contact direct des élèves avec les textes. Viendra alors le souci de faire étudier peu de textes, souvent des « morceaux choisis », mais en profondeur. Une méthode domine à l’oral : l’explication de textes issue de version de textes latins et grecs, qu’on appellera aussi  « explication française ». A l’écrit domine la dissertation ou «la composition française » avec sa variante pour l’analyse des textes littéraires : le commentaire composé, développement écrit des conclusions et de l’explication orale. Trois vagues successives se sont superposées depuis lors. La vague du consensus idéologique vient du siècle dernier, quand l’un des objectifs principaux  était d’assurer  la constitution et la transmission d’une identité  nationale ; ce qu’il importe alors d’enseigner et de connaître c’est le discours de l’école sur le texte. Plus récemment, dans les années 1970, sous la poussée des sciences humaines : linguistique, sociologie, psychanalyse, vient l’aspiration à une approche scientifique du fonctionnement du texte ; il s’agit alors de transmettre un savoir sur le texte ; mais cela aboutit dans bien des cas à une simple narratologie appliquée ou à un savoir théorique sur des textes littéraires qui ne sont pas pratiqués. Enfin, les études sur l’esthétique de la réception (Jauss), la sémiotique de la réception (Eco), le passage des linguistiques  de l’énoncé aux linguistiques de l’énonciation d’une part, et de l’autre l’entrée dans les classes, de la maternelle à l’université, d’élèves  et d’étudiants aux horizons culturels très variés, conduisent peu à peu à placer le lecteur au centre du dispositif. L’ouverture des frontières, la circulation des étudiants en Europe, permet déjà de constater que différents systèmes scolaires engendrent différentes manières de lire. Les méthodes comparatistes vont connaître un regain d’intérêt. En France, le développement d’une politique du livre et de la lecture soucieuse d’une pratique extensive pénètre l’école où  l’on tend à varier les textes et  les méthodes, des méthodes conscientes d’elles-mêmes et de leur relativisme (introduction de la « lecture méthodique »).

L’imaginaire des lecteurs contemporains est stimulé par de nombreux médias visuels et sonores et le livre n’est plus l’unique support du texte. La littérature traverse la radio, la télévision, le cinéma, la chanson, la bande dessinée, et elle est traversée par ces médias. Le théâtre est depuis longtemps au programme des classes de littérature. Mais sa lecture ne prend que très rarement en compte sa spécificité. Or quand le texte théâtrale est lu comme une partition, ouvert à une multiplicité d’hypothèses de lecture, et quand les spectacles sont analysés, qui sont comme des lectures mises en scène, l’enseignement des texte littéraires (romans, poèmes…) inscrits dans des livres s’en trouve modifié. On fait des observations semblables après l’étude  en classe de contes de transmission orale ou de pièces radiophoniques.

L’acte de lecture est un acte solitaire, intime, comme on le voit évoqué par le narrateur dans les premières pages de A la recherche du temps perdu. Et quand un texte littéraire touche, émeut, bouleverse un jeune lecteur, quand le lecteur est « lu » par le texte autant qu’il le lit, on peut se demander si l’enseignement a encore sa place. Au moins l’instance médiatrice a-t-elle conduit l’apprenti lecteur au seuil de lui-même. Toute pédagogie consiste à ne pas aller au-delà, mais pas en deçà non plus. D’une façon plus générale, l’école  convoque à heures fixes des groupes de lecteurs pour une activité de lecture à propos  de textes qu’ils n’ont pas souvent choisis : situation bien artificielle. Mais quand elle propose des méthodes de lecture aussi clairement définies que possible, la class peut devenir un lieu privilégié où sont gérés les inévitables conflits d’interprétation et où la pluralité des lectures est reconnue  et assumée par chacun. Reste à savoir quels rapports il y  a entre cette lecture « collégiale »et la lecture intimiste que le lecteur fera en dehors de l’école. […]

 

Dictionnaire universel des littératures, PUF, 1994, PP 1102/1103

Par Jean Verrier - Publié dans : Didactique du texte littéraire
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Commentaires

Définition de la notion d'horizon d'attente: le concept d'horizon d'attente a d'abord été utilisé par la phénoménologie husserlienne, puis par H.G.Gadamar et enfin par son disciple Hans-Robert Jauss dans l'interprétation historique de la littérature.C'est à lui que revient le mérite d'avoir appliquer la notion à la littérature et d'en avoir relever l'importance pour la reception d'un texte,dans son ouvrage "pour une esthétique de la reception". Jauss définit la notion d'horizon d'attente comme un réseau de références formulés d'une manière objective qui résulte de trois facteurs principaux : - L'expérience préalable - La forme et la thématique - Langage poétique Vs langage pratique et monde imaginaire Vs réalité quotidienne. A cette première conception qui ne prend en compte que des aspects intra littéraires s'ajoutera plutard la partie la plus importante qui est la société. C'est ainsi que Jauss distinguera entre deux types d'horizon d'attente: - "Horizon d'attente littéraire" :impliqué par l'oeuvre - "Horizon d'attente social ": qui dépend du lecteur ;son expérience de vie. L'horizon d'attente crée ainsi un rapport dialogique entre l'auteur , l'oeuvre et le lecteur, il constitue un parramètre objectif permettant de de mesurer un fait social. La notion est aussi de grande importance pour l'étude de l'histoire de la littérature. La théorie de la réception apporte une nouvelle contribution au rapport entre littérature et société, basée sur le concept d'horizon d'attente.
Commentaire n°1 posté par megrous souhila le 17/11/2008 à 10h10
ésthétique de la réception et horizon d'attente:l'ésthétique de la réception est d'abord une tentative pour rénover l'histoire littéraire,qui,selon jauss,était entrée dans une impasse(l'historicité de la littérature),écrit-il ne consiste pas dans un rapport de cohérence établi à postériori entre des faits littéraires,mais repose sur l'éxpérience que les lecteurs font d'abord des oeuvres littéraires ,d'ou l'attention accordée à la dimension de l'éffet produit par une oeurvre et du sens que lui attribue un public.une telle conception du phénomène repose sur ce que jauss appelle:l'horizon d'attente du public lecteur ,cette notion occupe une place importante dans les travaux de karl popper,mais qu'on trouve déja sous la plume de heidegger,husserl et gadamer,trois maitres à penser du théoricien allemand.ainsi,la premiére tache de l'ésthétique de la réception consiste à reconstituer l'horizon d'attente du premier public de l'oeuvre littéraire,ou s'inscrit l'apparition du nouveau texte.
Commentaire n°2 posté par bechar naima le 17/11/2008 à 16h28
Pour jauss l’œuvre littéraire n’est concrétisée qu’après avoir subit l’acte de lecture. En ce sens, jauss parle d’horizon d’attente du lecteur. Il désigne par cette notion toutes les anticipations induites par le lecteur, à partir de lectures déjà faites, avec des analogies entre les poétiques des auteurs lus auparavant, avec les traits distinctifs du genre, avec le système de normes et de valeurs dont se démarque l’œuvre qu’il a sous les yeux (qu’il entreprend). Le processus central est celui de la fusion des horizons (celui de l’auteur et du lecteur), le premier par la création des effets anticipés sur son lecteur contemporain ; le second par leurs concrétisation dans sa réception. Dans, pour une esthétique de la réception, jauss veut fonder l’histoire littéraire sur l’histoire de la , réception des œuvres littéraires.
Commentaire n°3 posté par mechmeche salima le 29/11/2008 à 17h42
bonjour,svp je n'ai pas su comment vous contacter alors j'ai procédé ainsi en ecrivant un commentaire
je suis etudiante a l'ecole normale superieure de constantine,deuxieme année français ,et j'ai un exposé sur"l'apport du texte litteraire dans l'enseignement de la langue française et jai besoin de votre aide si c'est possible avant le jeudi prochain,je suis de bejaia elkseur
si possible envoyez moi les infos  a ma boite mail
merci d'avance
Commentaire n°4 posté par tasadit le 26/12/2009 à 11h35

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Espace pédagogique FLE

Ce blog est destiné aux étudiants de l'université de Bejaia, inscrits en:

-  3ème année Licence (LMD), option: Sciences du langage et Didactique;
-  1ère année Master, option: Sciences des textes littéraires français et d'expression française;
-  1ère année Master, option: Didactique du français langue étrangère.

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